LA VÉRENDRYE


Le soldat
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LA VÉRENDRYE - LE SOLDAT

Afin de maintenir un bassin de recrutement pour le corps des officiers, on autorise des postes de cadets au sein des compagnies franches de la Marine, l'armée coloniale de la Nouvelle France. Puisque seuls les fils d'officiers peuvent obtenir ces postes, on assiste alors à une augmentation sans cesse croissante de la proportion d'officiers d'origine canadienne; passant du quart vers 1690, à la moitié vers 1720, aux trois-quarts vers 1750. Vu les antécédents militaires de son père, une carrière dans l'armée était un des meilleurs débouchés pour se faire remarquer et gagner de l'avancement dans une société militarisée comme celle de la Nouvelle France.

À 12 ans, La Vérendrye entre donc dans l'armée, comme est la coutume pour les fils d'officiers. Le début de sa carrière militaire est sans histoire. La guerre de Succession d'Espagne avait éclaté en Europe en 1702 et allait avoir des répercussions dans la colonie. En février 1704, à l'âge de 19 ans, il fait sa première campagne sous la direction d'Hertel de Rouville et fait partie de l'attaque sanglante sur Deerfield, au Massachusetts. Il en fait d'autres avec Monsieur de Subercase en Terre-Neuve en 1705 qui voit l'élimination des établissements anglais de ces côtes. Cent Canadiens commandés par M. de Beaucours y débarquèrent à l'automne de 1704, en vus d'une campagne d'hiver. Celle-ci débuta en février 1705 et, en quelques mois, presque tous les établissements anglais de la côte avaient été détruits. La Vérendrye en était et dut s'y comporter vaillamment car, dès 1706, il est nommé enseigne en second.

POUR LA GLOIRE DU ROY!

Entré très jeune dans l'armée, Louis, le frère aîné de La Vérendrye se rendit en France servit dans les Flandres sous les ordres de son oncle Charles Gaultier de la Verendrie, dans le régiment de Languedoc. Versé ensuite dans le régiment de Bretagne, Louis fut tué dans une bataille sur la frontière franco-italienne en 1707. À la nouvelle de la mort au champ d'honneur de son frère aîné, Pierre se résout d'aller combattre aussi. Il vend une partie de ses biens pour pour la somme de 800 livres et payer son passage.

Arrivé en France dans les premiers jours de 1708, la guerre battait son plein dans les Flandres. Il rejoint le régiment de son oncle et fut presque aussitôt élevé au grade de sous-lieutenant de grenadiers, grade qu'avait occupé son frère Louis, avant sa mort.

En 1709, La Vérendrye combat à Malplaquet, une bataille historique qui compte quelques 200 000 combattants. La Vérendrye, blessé grièvement, resta étendu sur le champ de bataille, le corps traversé d'une balle et tailladé de huit coups de sabre. Il se réveilla prisonnier au pouvoir de l'ennemi et demeura prisonnier plusieurs mois. Libéré pendant un échange probable de prisonniers, La Vérendrye prête serment en tant que lieutenant de grenadiers dans la Compagnie de La Fresnaye le 6 mars 1710. À peine remis de ses blessures, il effectue des raid du côté des lignes ennemies en septembre et en octobre 1711.

DE RETOUR AU CANADA

À la fin de 1711, l'engagement de cinq ans de La Vérendrye se termine et il demande de revenir au Canada. Il est aussi sans le sou. Pour obtenir cette faveur, il offre de recruter des volontaires pour le Canada et il en avait trouvé trente avant la fin de l'année. Il avait également pris l'utile précaution de se faire recommander par la marquise de Vaudreuil, alors à Paris et influente à la Cour. La Vérendrye fait sa demande officielle à la Cour le 15 février 1712, accompagnée de certificats de M. Berthelot, colonel du régiment de Bretagne et de M. de Vaudreuil, gouverneur général du Canada. Le grade de lieutenant qu'il avait si bravement mérité n'était pas un grade permanent dans l'armée française. Les grades disparaissaient après une campagne. Grâce à son état de service en France et au Canada; à l'influence de la marquise de Vaudreuil et à ses effort de recruter des soldats pour le Canada, le ministre de la Marine lui annonce dans une lettre personnelle que le Roy lui accorde un brevet d'enseigne dans les troupes de la Marine au Canada.

Cantonné dans l'ïle d'Oléron avec ses recrues, La Vérendrye embarque sur le vaisseau du roi Le Héro le 23 juillet. Il arriva au Canada dans les premiers jours d'octobre 1712 pour débuter un autre chapitre de sa vie.
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