MUTINERIE AU GRAND PORTAGE

Du lac Supérieur, les explorateurs français utilisaient la rivière Kaministiquia (près de la ville de Thunder Bay en Ontario) pour rejoindre l'intérieur du pays depuis le 1680. Les Français y avaient construit le Fort Kaministiquia comme un des avant-postes de la découverte de la Mer de l'Ouest. Toutefois, La Vérendrye avait fait le choix d'une autre route à prendre pour se rendre à l'intérieur du pays. En consultant les chef Cris de la région, ils avaient recommandé une route plus courte par un vieux portage amérindien appelé le Grand Portage par les Français ou
Kitchi Onigaming par les Ojibwa.

Le Grand Portage évitait les longues et dangereuses rapides de la rivière Kaministiquia et raccourcissait le trajet au lac La Pluie de 130 kilomètres, soit 80 milles. Afin de bénéficier de ce gain, il fallait rejoindre la rivière Nantouagan (Pigeon) en utilisant le Grand Portage d'une longueur de quelques 14 kilomètres, ou 9 milles. Après le Grand Portage, on se rendait au Lac La Pluie en vingt jours et ensuite au Lac des Bois.

Le portage était accidenté et peu propice. Il était redouté par les voyageurs parce qu'il fallait négocier une longue pente de près de 100 m (300 pieds) vers la hauteur des terres pour ensuite redescendre vers la rivière Nantouagan. Quand les voyageurs virent de leurs yeux ce qui les attendait, ils refusèrent d'avancer ou, du moins, insistèrent tellement que La Vérendrye se vit obligé de céder. En fait, ce fut une véritable mutinerie et un événement très rare en Nouvelle France.

Le portage n'avait rien d'attrayant pour les voyageurs déjà épuisés par deux mois et demi de pénible voyage à partir de Montréal.

Dans un mémoire subséquent, La Vérendrye indique :
« Le 26 août 1731, tout notre monde, épouvanté par la longueur du portage, qui est de trois lieues, se mutina, et tous me demandèrent avec grandes insistances à relâcher... »

Dans une lettre au Ministre Maurepas, Monsieur le Marquis de Beauharnois renchérit:
« Monseigneur, J'ay reçu les lettre su Sieur de La Vérenderie chargé de l'entreprise de la découverte de la Mer de l'Ouest et du Révérend Père Mesaigé, par lesquelles ils me marquent que les engagés s'étant rebutés de la longueur du portage de Nantouagan qui a trois lieues et un quart de long, ils avoient été obligés de relâcher à Kamanastigoya et d'y hiverner... »
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Avec l'aide du père Mesaiger, La Vérendrye avait réussi à convaincre un certain nombre des ses hommes à aller de l'avant le 27 août 1731, sous la conduite de son neveu La Jemmeraye et de son fils aîné, Jean-Baptiste. Environ vingt-cinq hommes, près de la moitié de ses effectifs, en quatre canots, pour construire le fort du lac La Pluie. Ces voyages et ces soldats étaient les premiers Français à utiliser le Grand Portage.

Ils arrivèrent au lac La Pluie très tard dans la saison. Ils bâtirent le fort Saint-Pierre. Mais, arrivés trop tard pour chasser et pêcher et surpris par un hiver très froid qui empêcha les Cris de les visiter, ils eurent beaucoup à souffrir.
La Compagnie de La Vérendrye est un groupe de reconstitution historique franco-manitobain qui illustre la vie des soldats et des voyageurs qui ont accompagné La Vérendrye dans l'Ouest canadien.

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