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La Vérendrye et le Poste de la Mer de l’Ouest


En 1717, Zacharie Robutel de La Noue établit le fort Kaministiquia selon le plan approuvé par le Conseil de la Marine. À la suite de plusieurs difficultés avec les Amérindiens (surtout les Sioux), la construction des autres postes est mise en veilleuse. Par prudence et avant d'engager d'autres dépenses, la Cour charge le père jésuite Charlevoix de visiter les postes du lac Supérieur et de s'enquérir sur la meilleure route pour continuer le projet de découverte. Charlevoix propose le suivant :
  • Éviter des frais à la Cour en appelant quelques financiers du Canada ou de France d'avancer les fonds;
  • Récompenser ses efforts par des faveurs peu coûteuses au trésor : promotions militaires, Croix de Saint-Louis, lettres de noblesse, concessions de terrains dans les pays découverts, etc.
Malgré tous ces conseils, la Cour n'avança pas vers l'Ouest, mais décida de solidifier le Poste du Nord, sur la rive nord du lac Supérieur. À partir de 1726, Jacques-René de Gaultier de Varennes, le frère de l'explorateur, devient commandant du poste de Kaministiquia, du poste Nipigon et des postes afférents.

Le 28 mars 1727, Pierre Gaultier, écuyer, sieur de La Vérendrye, est second commandant du Poste du Nord. Il fait donc du commerce à Kaministiquia et Nipigon, sous le commandement de son frère pendant environ un an. Il passe l'hiver 1727-1728 à Nipigon. Pendant la guerre des Renard et des Sakis en 1728, Jacques-René est rappelé et Pierre Gaultier lui succède et devient commandant en résidence à Kaministiquia. Dès lors, il s'intéresse aux histoires des Amérindiens au sujet d'une route possible vers l'Ouest et la présence d'un lac d'eau salée.
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La Vérendrye s'intéresse surtout informations rapportées par un chef Cri nommé Tachigis et Ochaga, un autre chef Cri de la région. Ils avaient fait le voyage jusqu'au lac Ounipigon et ils offraient de guider La Vérendrye s'il désirait s'y rendre. Les chefs Cris décrivaient un grand fleuve allant vers l'Ouest, de montagnes avec des pierres luisantes, des mines de fer, etc. On dessina même pour La Vérendrye une carte dessinée au charbon de la région. La Vérendrye commence à dessiner le projet de continuer la découverte de la Mer de l'Ouest et d'établir des avant-postes dans la région du lac Ouinipigon.

Le gouverneur général Beauharnois accepte la proposition de La Vérendrye :

«Le Sieur De la Vérenderie...nous a proposéen conséquence de cette découverte d'aller faire un établissement sur les bords du Lac Ouinipigon, 550 lieues au dessous du pote de Gamanatigoia d'où il vient de commander, et d'où il a acquis les lumières qu paroist avoir sur la découverte de la Mer de l'Ouest...Il a joint à sa propostion de se charger de trouver les voyageurs pour le conduire dans cet endroit et d'en ammener au nombre de soixante sans que Sa Majesté soit tenue d'aucuns frais pour cette entreprise que de quelques présents que sera obligé de faire aux nations sauvages par où il passera, et que ne monteront pas à des sommes considérables... »
Au mois de mai 1731, le gouverneur Beauharnois établit un règlement officiel pour l'entreprise de la découverte.
19 mai 1731

Charles, Marquis de Beauharnois, gouverneur général de toute la Nouvelle France.

Étant nécessaire, pour le service du Roi et le bien de la Colonie, d'établir un Commandant et un Missionnaire au poste du lac Ouinipigon; en présence de M. de la Chassaigne, gouverneur de Montréal, de M. Michel de la Rouvillière, commissaire ordonnateur et sub-délégué de l'intendant et M. de la Corne, lieutenant du roi de cette ville (Montréal), avons réglé et arrêté les articles qui s'ensuivent:

  • Tout le commerce du lac Ouinipigon sera accordé à M. de la Verendrye, commandant au dit poste, et aux sieurs de Lagemeraye, La Verendrye fils, La Plante fils, Hamelin, associé de Sr La Verandrye, commandant, Lécuier, associé du Sr Lagemeraye, Sarrazin et Châteauvieux, associés du Sr La Verendre fils, et les Sr La Plante le cadet, associé du Sr La Plante, ci-dessus nommé pour trois années entières.
  • Les associés ni autres ne pourront bâtir de forts ni maisons équivalentes dans les endroits de chasse, mais seulement dans celui où l'officier commandant fera son établissement, et avec sa permission par écrit.
  • ...
  • Il est défendu à qui que ce soit es associés et de ceux qui auront à leurs gages de s'éloigner du fort que sera construit, soit pour revenir à Montréal ou pour aller à quelque autre endroit, même à la chasse sans une permission expresse du Sieur Commandant.
  • Les intéressés s'obligent à laisser le printemps prochain pour la garde dans le fort deux hommes par canot, qui feront quatorze hommes sans y comprendre les domestiques des officiers et missionnaires...
  • ...
  • Il sera construit un fort de pieux bien doublés, une chapelle, une maison pour l'officier commandant et une pour le missionnaire, dans le lieu de la manière qu'il sera réglé par le Sieur Commandant, auquel ils promettent d'obéir en tout, pour le service du Roi, le bon ordre du poste et le bien de la Colonie; et s'engagent en outre de faire porter gratuitement de cette ville audit poste ce qui sera donné pour présents aux sauvages, que Sa Majesté enverra dudit lieu, et les vivres et ustensiles nécessaires pour le missionnaire...
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