Le départ pour l’Ouest ( 8 juin 1731)

La Vérendrye reçoit l'assentiment du gouverneur général et du ministre de la Marine de quitter la Colonie pour découvrir la Mer de l'Ouest. Voici un résumé des préparatifs pour le voyage :
  • L'engagement de 50 hommes pour le convoi. Les gages varient entre 150 et 550 livres par an, selon qu'il s'agissait de se rendre à Michilimakinac ou de pousser jusqu'au nouveau fort construit dans les terres à l'ouest du lac Supérieur.
  • La création de quatre sociétés pour financer et avancer les fonds et les marchandises nécessaires. Les marchands avancent environ 12 000 livres en marchandises pour l'expédition.
  • Chaque canot portait six ou sept hommes, rarement huit, et environ deux tonnes de marchandises, réparties uniformément en ballots de 75 livres environ. Les Amérindiens allaient de deux à trois par canot et appelaient les canots français « grands canots.»
  • Le père Charles-Michel Mesaiger, jésuite, qui avait été désigné pour accompagner La Vérendrye dans l'Ouest se joignit au convoi, devenant le premier missionnaire de l'Ouest canadien.

Exemple d’un congé pour la traite des fourrures

Le congé qui suit, daté du 18 mai 1747 en faveur de Gaultier de La Vérendrye, est reproduit d'une copie officielle d'après l'original dans le Rapport de l'archiviste de la province de Québec, 1922-1923, p. 228.
Du 5e juillet 1747, le congé accordé à monsieur de La Vérendrye sous la conduite des sieurs Baumois et Gonneville pour quatre canots pour les pays découverts a été enregistré.

Charles Marquis de Beauharnois, commandeur de l'Ordre royal et militaire de St-Louis, chef d'escadre des armes navales de Sa Majesté, gouverneur et lieutenant-général pour le roi en toute la Nouvelle France.

Nous avons permis au sieur de La Vérendrye, capitaine dans les troupes et commandant pour le roi au poste de la Mer de l'Ouest, de faire partir de la ville de Montréal quatre canots, équipés de six hommes chacun, sous la conduite de messierus Baumois et Gonneville dont il a donné des noms et demeures à monsieur Debeaucours, pour se rendre audit poste de l'Ouest.
Et embarquer dans ledit canot les effets et marchandises propres pour la traite audit poste avec les vivres et provisions nécessaires pour la subsistance desdits conducteurs et celle des autres engagés pendant le voyage. Défendons aux dits conducteurs et engagés de faire aucune traite ou commerce avec les Sauvages ni ailleurs qu'audit poste de l'Ouest et dépendances, sous les peines portées par les ordonnances du roi.

Enjoignons aux dits engagés d'avoir chacun leurs fusils tant en allant qu'en revenant sans qu'ils puissent s'en défaire en les traitant aux Sauvages ni autrement, à peine de trois mois de prison. Sera tenu ledit sieur de La Vérendrye de faire viser ces présentes par monsieur l'intendant et de les faire enregistrer au greffe de la juridiction de Montréal avant le départ desdits canots.

Permettons aux dits engagés d'embarquer dans ledit canot la quantité de quatre pots d'eau-de-vie par homme, laquelle servira pour leur usage seulement, sans qu'ils puissent en traiter aux Sauvages sous quelque cause, prétexte que ce soit. Leur ordonnons d'être de retour en ladite ville de Montréal dans le temps stipulé pour leur engagement, sous les peines portées par les ordonnances de Sa Majesté contre les coureurs de bois sans congé ni permission. Et, à cet effet, lesdits conducteurs feront leur déclaration aux commandants des postes ou ils passeront, de ceux qui pourraient avoir déserté, lesquels nous en donneront avis.

Fait à Québec le dix-huit mai mil sept cent quarante-sept.
Signé : Beauharnois
Vu :Hocquart. Par Monseigneur. Trente mots barrés nuls.
(Suit un rôle des engagés des quatre canots)
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