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La recherche de la Mer de l’Ouest

Quand La Vérendrye entre en scène, il y avait déjà longtemps que les rois et les princes d'Europe se préoccupaient de découvrir une route vers la Mer de l'Ouest. On savait que la terre était ronde et qu'on pouvait rejoindre celle-ci tant de l'est que de l'ouest. Au Moyen-âge, on importait de l'Orient, les épices et les aromates, les pierres précieuses et les perles, les objets de verre et de métal finement ciselés. Ces richesses étaient souvent difficiles à acquérir. Traverser l'Europe et une bonne partie de l'Orient était un voyage long et dangereux. Il y avait aussi plusieurs intermédiaires et des monopoles qui barraient la route à un échange libre. Pour ces raisons et bien d'autres, on chercha donc une route plus directe vers l'ouest, le nord-ouest et le sud-ouest. Ce sont ces idées maîtresses qui dirigèrent Christophe Colomb, Cabot, Verrazzanno, Jacques Cartier, Champlain, Nicolet, Jolliet, La Salle, Dulhut, Hennepin et bien d'autres. Certains portaient des lettres d'introduction de leurs souverains et d'autres des robes de soie fine.

La Mer de l'Ouest commença à apparaître sur des cartes européennes au milieu du 16e siècle. Les Espagnols commençaient à soupçonner que la mer qui touchait les côtes du Mexique s'étendait très loin dans le nord. On n'ignorait pas l'existence de l'océan Pacifique. Certains appelaient cette étendue d'eau la Mer du Sud, d'autres la Mer de l'Ouest. Les trois expressions étaient devenues synonymes. Pour les Français, la Mer de l'Ouest était une sorte de mer intérieure qui s'avançait très loin vers le centre du continent.

Pour La Vérendrye, comme pour l'administration coloniale à Québec et à Versailles, on désirait rejoindre cette mer intérieure pour se rendre à l'Orient. À l'époque, on n'avait peu de concept des distances d'est en ouest que l'on devait traverser pour rejoindre cette étendue d'eau et on ne se doutait encore moins de l'immensité de l'océan qui restait ensuite à naviguer pour rejoindre l'Orient.

Cette portion de carte ci-dessous de la part de Guillaume de L'Isle, rectifiée en 1774 par le sieur d'Anville et d'autres géographes, perpétue cette idée que la Mer de l'Ouest est une mer intérieure, même une baie. On y voit d'ailleurs les accomplissement de La Vérendrye. Selon le cartographe, il restait peu de distance à franchir pour atteindre le but!

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